RÉCIT DE COURSE Ultra-Trail des Chic-Chocs pas Jessee Chouinard - Sports aux Puces St-Jean
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RÉCIT DE COURSE Ultra-Trail des Chic-Chocs

  • Publié le
  • Par Jessee Chouinard
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RÉCIT DE COURSE Ultra-Trail des Chic-Chocs

Samedi, 20 août. 3h45. Le réveil sonne. Ça y est! C’est le grand jour. En deux temps, trois mouvements, je m’habille et déjeune. Nous prenons rapidement la route vers le lieu du départ. À cet instant, la fébrilité est à son comble. Je regarde partout autour et je ne vois personne que je connais; il y a aussi très peu de femmes.

Dans mon champ de vision, il y a la ligne de départ et le mont Albert qui se dévoile peu à peu. Je n’ai aucune idée de l’heure à laquelle je reviendrai, je souhaite seulement réussir. Le soleil n’est pas encore levé qu’il fait déjà chaud.
soleil
 
 
 
 
 
 
 
 
5h00. Le départ est annoncé. Les premiers pas se font silencieusement. Nous vivons de grandes émotions chacun à notre façon. Les activités matinales sont toujours un peu difficiles pour moi et je cherche un rythme qui me permettra d’avoir du plaisir toute la journée. Je me sens un peu étourdie, mais je sais que ce n’est que pour un moment. Dans quelques heures, mon corps aura enfin compris ce que je fais et tout ira mieux.
 
En toute synchronicité avec le lever du soleil, j’arrive au sommet du mont Olivine. Le ciel est clair et permet de voir tout ce qui se trouve à l’horizon. Je suis absolument subjuguée par la beauté des paysages! Les doutes que je traîne jusqu’à ce moment se dissipent alors que j’enchaîne les pas sur ce sommet: peu importe le déroulement de la course, je dois apprécier la prestance de la « Barrière impénétrable ».
 
J’ai l’impression d’être arrivée rapidement au premier ravito, celui de La Serpentine. Cette première partie est plutôt roulante, et surtout sèche sans pour autant être trop chaude. Par la suite, direction Le Versant où j’ai la chance d’apprécier de grosses roches et… de la neige! Les montées sont très soutenues et longues. Le soleil tape et j’apprécie la boule de neige que je mets dans le dos. À certains moments, je cherche un peu mon chemin malgré les balises, puis j’arrive sur un sommet dénudé. Je prends la chance d’envoyer un texto et de prendre des photos avant de continuer ma route. Parfois, je perds le souffle lorsque je prends conscience de ce que je vis: un rêve.
 
Bouette, bouette, bouette. Si les premiers kilomètres sont assez secs, ce n’est pratiquement plus jamais le cas jusqu’aux fougères quasi tropicales du mont du Milieu ou les onze derniers kilomètres incluant une remontée extrêmement pentue du mont Albert, l’impressionnant plateau et la super descente de cinq kilomètres. Dans cette section, je connais une descente assez lente pour mon habitude après une petite frousse: j’ai momentanément perdu un soulier dans la boue en même temps que de glisser vers une falaise assez rocailleuse. Je reprends ma vitesse un peu plus tard et je continue de m’amuser à fond! Encore une fois sans m’en rendre compte, je me rapproche d’un ravito. Au passage, j’encourage plusieurs personnes et en profite pour jaser avec d'autres: la chaleur pèse et on fantasme déjà du moment où on pourra sécher nos pieds avant même d'avoir parcouru le mont (H)Ells.
coeur neige

 

 

 

 

 

Pas de chance avec le ravito La Paruline! À mon premier passage, je me fais piquer deux fois par une guêpe: c'est ma première fois!. J’ai le bras qui enfle rapidement et je sens un certain engourdissement. On me donne quelques médicaments à prendre si jamais mon cas ne s’améliore pas, mais je ne prends rien. Je me dépêche un peu et rattrape les deux hommes que j’avais dans mon champ de vision depuis un certain temps avant cet arrêt. Et oui! La petite chèvre, surnom entendu étonnamment à quelques reprises, particulièrement dans les descentes, était de retour. En trail, nous sommes la sécurité des uns et des autres. Quand on me demandait comment j’allais, je savais que je m’illuminais… et, finalement, je voyais bien quels étaient les effets de ces questions chez les autres aussi. L’UTCC m’a montré à quel point la pratique d’un sport individuel peut aussi être un travail d’équipe pour se tirer jusqu’à la fin.

 
Encore de la boue et du terrain un peu moins technique vers le ravito du Lac Cascapédia. En sortant du bois, je vois mon père en train d'aider un peu tout le monde. Je suis remplie d'émotions! La mi-parcours est passée, je ne sens plus mon bras, cette fois positivement. Un Canada Dry, un remplissage d'eau et de Nuun, quelques bonbons et je repars pour le retour vers le ravito de La Paruline, le dernier avant la fin.
 
paysage
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Les heures passent et la journée ne cesse de se réchauffer. Je ne savais pas qu'il pouvait y avoir des cigales en milieu alpin! Je suis arrivée à La Paruline, pour une deuxième fois, assoiffée, prête à me rafraîchir et à manger un peu. Je me laisse tenter par une patate en canne. Je la mets dans ma bouche et j'ai tout de suite l'impression qu'il s'agit d'une décision douteuse. Ainsi, le diction: « après l'ingestion, l'indigestion ». Deux cents mètres plus loin, juste après une petite courbe, LA patate se disperse en nature, m'offrant rapidement un soulagement. Néanmoins, je sens le fantôme de sa présence les deux ou trois kilomètres suivants, au cours desquels j'ai discuté avec des battants du 113 km. Les sagesses étaient là au bon moment. Une fois cet épisode passé, d'autres coureurs du 62 km et moi arrivons, à bonne distance les uns des autres, à la partie finale du parcours: la cascade fraîche, la glissade sur neige, la dernière montée du mont Albert, puis la longue descente. L'écart entre nous me permet également d'apprécier la vue des caribous au loin et de vivre les moments que j’avais à vivre sur ce sommet!
 
La neige, parlons-en! J’ai attendu ce moment toute la course! Lorsque je vois la plaque à traverser avec les traces de pieds, je me dis que je dois assurément m'offrir le plaisir de glisser sur les fesses, un moment que je ne peux m'empêcher d'immortaliser en vidéo.
 
La dernière montée, parlons-en aussi! Si abrupte, pourtant si brève, et interminable. C'est là qu'à trois participants, nous nous tirons jusqu'au sommet pour traverser l'incroyable plateau. Au moment de descendre, juste après le dernier point de contrôle, je dis à Pascal, croisé pour la première fois bien des kilomètres auparavant: « Ok, mais là, on est rendu à descendre? C'est maintenant la descente de 5 km, là? Ok, ça va descendre! On se revoit tantôt! »
 
C'est le sourire fendu jusqu'aux oreilles que je descends à toute allure le mythique mont Albert. Sur des jambes ayant tout de même parcouru près de 57 km et 3200 m de dénivelé (Strava semble off?), je maintiens une vitesse agréable et surprenante jusqu’à ce que je constate un magnifique orignal! Sur le point de continuer ma descente, je me dis quelque chose comme: « hey, rendu là, ce ne sont pas quelques minutes qui vont changer quelque chose. » Je m'immobilise et l'observe, lui qui profite des feuillus encore généreusement garnis, avant de poursuivre ma course avec une boule d’émotions dans la gorge. À toute allure, je suis arrivée à la 299, où j’ai vu Éric, Valérie (que j'ai eu la chance de voir le lendemain, lors de leur course!), et mon père. Je suis si heureuse de voir toutes ces belles personnes. Il ne me reste plus que quelques mètres à parcourir avant de franchir le fil d’arrivée, prête à raconter toutes ces histoires et à féliciter mes compatriotes qui vont arriver quelques minutes plus tard. Rapidement, une bénévole m’apporte une médaille et j'exprime mon immense surprise d’en avoir une. Elle me répond que c’est seulement une médaille de participation et je me dis qu’elle n’a rien compris. Comme les photos, cette médaille n’est qu’une façon de me souvenir de cette course et de la chance que j’ai d’y avoir participé. Je n’ai regardé ma montre que pour l’heure; je me suis laissée porter par les sentiers qui m'octroyaient la chance de les fouler cette journée-là.
 
arrivée
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Au moment où j’écris ces mots, mon Popa conduit depuis un peu plus de sept heures. Il m’a permis de vivre ÇA. À quelqu’un, j’ai dit en blague que je ne savais pas s’il m’aimait ou non pour m’avoir conduit jusqu’à cette épreuve, mais ça ne fait aucun doute qu’il m’aime! C’est un cadeau incroyable de sa part! J’ai aussi tenu ma promesse: j’ai profité à 100% de ma course et nous avons fait deux randonnées le lendemain.
 
Si tu as lu jusqu’ici les mots d’une coureuse sans prétention qui ne gagnera jamais rien outre la satisfaction d’avoir accompli « quelque chose, quelque part » une fois de temps en temps, je t’en remercie et sache que j’ai pensé à toi directement ou indirectement. La route de l'ultra est longue...
 
J'ajoute aussi qu'un ultra, ça se vit plus que ça s’écrit!

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